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	<title>Archives des 3ème webinaire : des situations particulières - Médecine Intégrée</title>
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		<title>Les effets secondaires de la psychothérapie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Yves Henry]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 10:49:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3ème webinaire : des situations particulières]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les effets secondaires de la psychothérapie ?! . Nous avons appris a parlé des effets secondaires des médicaments. Nous avons appris à mesurer l’allongement du QT, la prise de poids, les troubles métaboliques, la dysfonction sexuelle. Nous avons appris à surveiller, tracer, déclarer, comparer. Mais &#8230; lorsqu’il s’agit de psychothérapie, un étrange silence s’installe. Comme [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="143462" class="elementor elementor-143462" data-elementor-post-type="post">
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									<h4 class="reader-article-header__title" dir="ltr"><span data-scaffold-immersive-reader-title="">Les effets secondaires de la psychothérapie ?!</span></h4><p>.</p><p id="ember62" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Nous avons appris a parlé des effets secondaires des médicaments. Nous avons appris à mesurer l’allongement du QT, la prise de poids, les troubles métaboliques, la dysfonction sexuelle. Nous avons appris à surveiller, tracer, déclarer, comparer.</p><p id="ember63" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Mais &#8230; lorsqu’il s’agit de psychothérapie, un étrange silence s’installe. Comme si parler d’effets indésirables était une forme de sacrilège. Comme si le simple fait d’évoquer l’idée qu’une psychothérapie puisse <strong>aggraver </strong>un patient relevait d’une provocation. Pourtant, la littérature sur le sujet existe. Elle est abondante.</p><p>.</p><p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-143470 aligncenter" src="https://medecine-integree.com/wp-content/uploads/2026/02/Psychotherapie-600x291.png" alt="" width="600" height="291" srcset="https://medecine-integree.com/wp-content/uploads/2026/02/Psychotherapie-600x291.png 600w, https://medecine-integree.com/wp-content/uploads/2026/02/Psychotherapie-1024x496.png 1024w, https://medecine-integree.com/wp-content/uploads/2026/02/Psychotherapie-180x87.png 180w, https://medecine-integree.com/wp-content/uploads/2026/02/Psychotherapie-768x372.png 768w, https://medecine-integree.com/wp-content/uploads/2026/02/Psychotherapie.png 1160w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p><p>.</p><h5 id="ember67" class="ember-view reader-text-block__heading-3">Une évidence que l’on refuse de regarder</h5><p id="ember68" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Les méta-analyses et revues systématiques publiées ces quinze dernières années convergent sur un point simple : <strong>la psychothérapie n’est pas un traitement neutre</strong>. Une proportion non négligeable de patients se détériore pendant une psychothérapie.</p><p id="ember69" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Selon les études, entre 5% et 10% des patients présentent une aggravation clinique mesurable au cours d’un traitement psychothérapeutique. Dans certains contextes, notamment chez les patients les plus sévères, les taux peuvent être plus élevés.</p><ul><li>Aggravation des symptômes dépressifs.</li><li>Augmentation de l’anxiété.</li><li>Réactivation traumatique non contenue.</li><li>Ruptures relationnelles induites.</li><li>Désengagement social.</li><li>Dépendance au thérapeute.</li><li>Etc.</li></ul><p id="ember71" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La psychothérapie n’est pas une tisane. C’est une intervention active sur des systèmes psychiques fragiles.</p><p id="ember72" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Mais le problème n’est pas l’existence d’effets indésirables (c&rsquo;est même plutôt rassurant qu&rsquo;ils existent, sinon on pourrait aussi mettre en cause l&rsquo;existence d&rsquo;effets tout court). Le problème, c’est que pendant longtemps, on ne les a tout simplement pas mesurés : dans de nombreux essais cliniques de psychothérapie, les effets secondaires ne sont ni définis, ni systématiquement collectés, ni rapportés.</p><p id="ember73" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Imagine-t-on un instant un essai pharmacologique dans lequel les événements indésirables ne seraient pas documentés ?</p><p id="ember74" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit pendant des décennies dans la recherche en psychothérapie. Ce n’est que récemment que des instruments spécifiques ont été développés pour mesurer les effets négatifs, et que certaines équipes ont commencé à intégrer un monitoring systématique de la détérioration clinique.</p><h5 id="ember75" class="ember-view reader-text-block__heading-3">Décompenser au nom du soin</h5><p id="ember76" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Il existe une idée séduisante, presque romantique, selon laquelle « faire émerger » des affects douloureux serait toujours thérapeutique.</p><p id="ember77" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La réalité est plus brutale.</p><p id="ember78" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Chez certains patients vulnérables, une exposition mal calibrée peut entraîner une décompensation. Une exploration traumatique insuffisamment contenue peut majorer les symptômes dissociatifs. Une restructuration cognitive trop rapide peut générer un sentiment d’échec ou d’incompétence.</p><p id="ember79" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Toutes les psychothérapies ne sont pas équivalentes. Toutes les indications ne sont pas pertinentes. Toutes les séquences thérapeutiques ne sont pas sans risque. Et nous savons aujourd’hui que certains profils sont plus à risque de détérioration : patients avec comorbidités sévères, troubles de la personnalité, dépression majeure mélancolique, vulnérabilité suicidaire, etc.</p><blockquote id="ember80" class="ember-view reader-text-block__blockquote"><p><strong>Ce n’est pas une condamnation de la psychothérapie. C’est un rappel que l’intervention psychique est une intervention réelle. Et qu’aucune intervention n’est dépourvue de risque.</strong></p></blockquote><p id="ember81" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Mais l’effet secondaire le plus massif, le plus invisible et probablement le plus grave n’est pas toujours l’aggravation symptomatique directe. Le plus grave, c’est la perte de chance.</p><p id="ember82" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Lorsque l’accès à un traitement efficace est retardé parce qu’un patient reste des mois, parfois des années, dans une psychothérapie inadaptée à la sévérité de son trouble, nous produisons un dommage silencieux : une dépression résistante non traitée précocement a un pronostic plus sombre, un trouble bipolaire méconnu traité uniquement par psychothérapie peut évoluer vers des formes plus sévères, un TDAH laissé sans traitement médicamenteux adapté peut s’accompagner de trajectoires professionnelles et sociales altérées.</p><p id="ember83" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La littérature montre que la durée d’un épisode dépressif non traité est un facteur pronostique défavorable. Chaque mois compte. Or combien de patients consultent après des années de prise en charge exclusivement psychothérapeutique pour des troubles qui relevaient d’emblée d’une stratégie combinée, voire pharmacologique en première intention ?</p><p id="ember84" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La psychothérapie peut être utile. Indispensable même. Mais lorsqu’elle est utilisée comme substitut idéologique à des soins adaptés, elle devient un facteur de retard thérapeutique.</p><p id="ember85" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Et le retard thérapeutique, en psychiatrie, se paie en chronicité.</p><h5 id="ember86" class="ember-view reader-text-block__heading-3">L’illusion de l’innocuité</h5><p id="ember87" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Pourquoi cette résistance à parler des effets secondaires ? Probablement parce que la psychothérapie bénéficie d’un capital symbolique particulier. Elle est perçue comme naturelle, non invasive, humaine.</p><blockquote id="ember88" class="ember-view reader-text-block__blockquote"><p><strong>Mais une intervention non chimique n’est pas une intervention non risquée.</strong></p></blockquote><p id="ember89" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Modifier les croyances, revisiter les traumatismes, restructurer les schémas relationnels, ce sont des actes puissants. Et la puissance thérapeutique implique la possibilité d’un effet délétère.</p><p id="ember90" class="ember-view reader-text-block__paragraph">L’histoire de la médecine est jalonnée de traitements dont on pensait qu’ils étaient bénins parce qu’ils étaient « doux ». Mais la douceur perçue n’est pas un indicateur de sécurité.</p><p id="ember91" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La littérature récente insiste sur plusieurs points fondamentaux.</p><ol><li>Premièrement, le monitoring systématique des symptômes au cours des psychothérapies réduit les taux de détérioration. Lorsque les thérapeutes utilisent des mesures répétées et des outils d’alerte, ils identifient plus précocement les aggravations.</li><li>Deuxièmement, la formation des praticiens à la reconnaissance des effets négatifs est insuffisante. Beaucoup ne sont pas formés à identifier formellement une détérioration mesurable.</li><li>Troisièmement, l’information des patients sur les risques potentiels reste rare, alors même que le consentement éclairé devrait inclure cette dimension.</li></ol><p id="ember93" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Nous exigeons des notices pour les antidépresseurs. Pourquoi pas pour les psychothérapies ?</p><h5 id="ember94" class="ember-view reader-text-block__heading-3">Traiter la psychothérapie avec la même scientificité</h5><p id="ember95" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Il ne s’agit pas de disqualifier la psychothérapie. Il s’agit de la traiter avec le même sérieux scientifique que tout autre traitement.</p><p id="ember96" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Reconnaître les effets secondaires d’une intervention n’est pas l’attaquer. C’est la faire entrer pleinement dans la médecine fondée sur les preuves.</p><blockquote id="ember97" class="ember-view reader-text-block__blockquote"><p><strong>La psychothérapie peut sauver des vies. Elle peut transformer des trajectoires. Elle peut restaurer une autonomie. Mais elle peut aussi échouer. Elle peut aggraver. Elle peut retarder des soins nécessaires.</strong></p></blockquote><p id="ember98" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Refuser de le voir ne protège pas les patients. Cela protège seulement nos représentations.</p><p id="ember99" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Si nous voulons être cohérents, exigeons pour la psychothérapie ce que nous exigeons pour les médicaments : évaluation rigoureuse, transparence, surveillance, et adaptation rapide en cas de non-réponse.</p><p>Parce qu’en psychiatrie, le temps n’est pas une variable abstraite : c’est un tissu vivant, fragile, qui s’altère quand on tarde à agir. Et chaque mois laissé filer n’est pas neutre, il grave un peu plus profondément la trace de la maladie dans la trajectoire d’une vie.</p><div id="ember47" class="reader-author-info__author-lockup--flex artdeco-entity-lockup__title ember-view"><p class="text-heading-medium display-flex align-items-center">D&rsquo;après un article d&rsquo;<strong>Alexis Bourla</strong>, <span style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, 'Helvetica Neue', Arial, 'Noto Sans', sans-serif, 'Apple Color Emoji', 'Segoe UI Emoji', 'Segoe UI Symbol', 'Noto Color Emoji';">Psychiatre | Président Jeune Médecin IDF | Directeur des Projets Psychiatriques Clarian</span></p></div>								</div>
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