Glechoma hederacea.
Le Lierre terrestre, appelé aussi « herbe de la Saint-Jean », est une labiée très répandue dans notre flore. C’est une petite plante décorative par ses tiges florifères de 5 à 25 cm, tiges rampantes dont les feuilles nombreuses ornent les sous-bois : elle n’a de commun avec le Lierre grimpant (Hedera helix – caprifoliacée) que sa « reptation » !
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C’est une espèce pionnière des bois, au bord des haies, dans les prés, sur les talus, où elle peut foisonner en grande abondance (à comparer avec le Thym, la Sarriette et le Romarin pour la zone méditerranéenne). En effet, après la mise à nue d’une terre (incendie, labour des troupeaux ou charrue, fleuve qui divague…), on assiste à une explosion de plantes annuelles (ex.: le Bouillon blanc, le Souci, l’Ortie royale …) qui vont, par leur grande vitalité, recoloniser la terre et relancer les cycles biologiques.
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Ses fleurs odorantes varient du violet au blanc, en passant par le pourpre et le rose. Elles se rencontrent de Mars à Juin. Les feuilles caractéristiques sont arrondies ou réniformes. On la trouve spontanément en Europe, Russie, Turquie, Iran et au Japon. Elle s’est acclimatée en Amérique du Nord. Visitée par les abeilles, elle donne un nectar de bonne qualité. Ses stolons rampants ne cessent de s’enraciner, donnant naissance à de vrais tapis qui prolifèrent même après la floraison. L’essence de lierre terrestre existe, mais n’est pas classiquement employée en aromathérapie.
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Ce qui me frappe, chaque fois que je le cueille et ce printemps encore, à deux pas de chez moi, c’est cette contradiction : une plante aussi ancienne, aussi utilisée, aussi goûteuse, réduite au rang de mauvaise herbe dans la plupart de nos jardins.
Les druides la chérissaient
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Nos ancêtres la mettaient dans leur bouillon de printemps pour se purifier à la sortie de l’hiver, dans cette fameuse soupe aux neuf herbes que l’on brassait encore au Jeudi saint dans certaines régions. Pendant des siècles, elle parfumait et conservait la bière, bien avant que le houblon ne prenne toute la place.
Puis elle est tombée dans l’oubli. Ou plutôt : on a cessé de la regarder. Pour la retrouver, il suffit pourtant de peu. De se baisser, de cueillir une feuille, de la froisser entre les doigts.
Glechoma hederacea est cousine de la menthe, du thym, de la sauge, elle révèle alors un parfum qui surprend chaque fois : mentholé, boisé, avec cette note ronde d’humus et de réglisse qui fait penser à la forêt après la pluie. Ses petites fleurs lilas pointent en ce moment même, dressées sur leurs tiges carrées, offrant leur nectar aux premiers bourdons de la saison. Un festin pour les pollinisateurs. Un régal pour nous aussi.
Car une fois qu’on l’a reconnue, on ne sait plus vraiment s’en passer.
À table d’abord : ses feuilles fraîches relèvent les salades, parfument les fromages frais, se marient à merveille avec le chocolat
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Elle remplace la menthe avec caractère, et souvent avec bonheur. Infusée dans de la crème, elle devient la base d’une ganache, d’une glace, d’un entremets dont on ne sait pas tout de suite nommer le goût mais qu’on veut retrouver.
Et puis elle soigne. Doucement, sûrement. C’est la saison des rhumes qui traînent, des bronches encore encombrées de l’hiver, des sinus qui résistent. Le lierre terrestre est un expectorant remarquable, que les médecins de la Renaissance utilisaient déjà et que l’on retrouvait encore au Codex pharmaceutique au XIXe siècle.
Tonique, reminéralisante, riche en vitamines B et C, en calcium, en potassium : une vraie cure de printemps, là, sous vos pieds, gratuite et généreuse. C’est la plante la plus humble et la plus fidèle que je connaisse. Elle n’attend rien. Elle donne, discrètement, à ceux qui prennent le soin de se baisser. Pour aller plus loin dans cette belle découverte, c’est Hélène Lavaux, herboriste, cueilleuse, et grande connaisseuse des trésors du bord des chemins qui vous emmène à sa rencontre dans un numéro inédit.
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Connue depuis le Moyen-âge comme plante médicinale, elle était appréciée par Sainte Hildegarde (12 ème siècle), en tant que pectoral et vulnéraire. Au 16 ème siècle, on l’utilisait même pour « combattre la folie ». Cuite dans du lait, c’est, de nos jours encore, un remède couramment utilisé dans les campagnes pour les affections des bronches. Les fonctions principales de Glechoma hederacea sont :
— anti-inflammatoire des épithéliums, qu’ils soient respiratoires, digestifs ou génito-urinaires. Cette action est surtout nette sur les facteurs subaigus (haptoglobine, céruloplasmine, orosomucoïde), ainsi que certains facteurs immunologiques (IgA).
— normolipémiante, tous les paramètres lipidiques perturbés s’améliorent (lipides totaux, cholestérol, triglycérides, bêta lipoprotéines et pré bêta lipoprotéines).
— rajeunissante, car son action donc est marquée sur l’augmentation des globulines Bêta et Gamma (hyalinose) = action anti-scléreuse.
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ACTIFS biologiques : HE (peu), résines, tanins, amers, potassium et glucides.
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INDICATIONS traditionnelles :
Le lierre terrestre est une plante médicinale indispensable à inclure dans sa trousse à pharmacie :
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HOMEOPATHIE diathésique : Remède du groupe du Magnésium (Kollitsch p. 145). Diarrhée acide avec hémorroïdes, sensation que l’anus est écorché. Irritation pharyngo-laryngo-trachéale avec toux et inflammation de la glande sous-maxilaire.
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PSYCHE (d’après B. VIAL) : « Les chocs moraux et soucis d’argent » ?
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ACTION BIOLOGIQUE (BNS) : une des plantes les plus actives dans les auto-immunités. Exemples : les hépatites chroniques actives, la DDB, certains rhumatismes inflammatoires, les complications du diabète …
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MTC … aromatique, piquante et douce : rate (glaires, stase d’humidité) et poumon (chaleur chronique)
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