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« J’ai eu, dans les dernières années de ma vie professionnelle, à m’occuper plus étroitement de deux maladies épidémiques dont la nature est en apparence contradictoire : la méningite à méningocoque et le choléra.

La première est placée sous le signe du feu : c’est une haute fièvre qui danse dans le sang comme une flamme sauvage et fait battre follement les artères du cou enraidi, c’est l’embrasement mortel des méninges. C’est aussi le fléau sans cesse renouvelé de ces savanes brûlées de soleil, desséchées par le vent qui anime d’un horizon à l’autre les flamboyantes draperies des feux de brousse.

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Le choléra, c’est à l’opposé, la vie qui s’en va en eau, la substance du corps qui se défait en un grisâtre flot fétide, le froid et le contact glacé des créatures de l’eau, poissons et batraciens : « Les lèvres bleuies, le visage hagard, les yeux caves, l’estomac creusé, les membres contractés et comme racornis, tels sont les symptômes de la grande maladie qui, appelée par la malédiction des prêtres, fond sur les braves et les dissout » (inscription sur la stèle d’Alexandre le Grand, en Inde). C’est aussi la boue, le limon, les eaux indécises entre les rives basses des fleuves et des canaux, ces terres à peine émergées où se pressent des foules humaines misérables. »

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LAPEYSSONNIE « Toubib des tropiques  » (édition Robert Laffont, 1982).

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En construction … 

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