Un demi-siècle de médecine

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A tous les gens que j’aime et que j’ai aimé,

à mes étudiants qui m’ont inscité à écrire se livre, témoignage d’une époque et d’une période d’évolution sociétale rapide

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Préambule

Un enfant des « trente glorieuses »

J’ai eu une enfance heureuse et protégée. Des deux cotés de ma famille, on trouve des bretons et des lorrains, une sorte de grand écart territorial qui s’est concentré à Paris ! Des ingénieurs surtout et des combattants des trois guerres que la France venait de mener (avec plus ou moins de bonheur) contre l’Allemagne. Mes parents s’étaient rencontrés à Meaulne, petit village du Bourbonnais, adossé à la forêt de Tronçais, que Sully avait fait planter, quelques siècles plus tôt, pour que ses chênes fournissent les bois nécessaires à la flotte ! Ma mère y passait ses grandes vacances dans une maisonnette familiale, alors que mon père séjournait à Montluçon, sous de faux papiers, pour ne pas servir dans l’armée allemande, en tant que lorrain de résidence. 

Pour lui, ce fut les camps de jeunesse, puis quelques actions résistances dans la forêts pour échapper au travail obligatoire en Allemagne, enfin avec le débarquement allié ce fut l’opportunité de partir en Amérique à bord d’un liberty ship, pour recevoir une formation de pilote dans l’US air force. Il en revint deux années après, pilote de B25, dans un superbe uniforme et ma mère ne put qu’accepter la demande en mariage de son filleul de guerre ! Très vite, il compris que l’hélicoptère avait un avenir et après quelques années d’expériences, il en devint un des incontournables pilotes d’essais. Ce n’est que bien plus tard que je put identifier une des injonctions familiales récurante : « prends des risques » !

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J’ai grandi dans le 14ème arrondissemnt de Paris, une petite rue, pas loin de la gare Montparnasse. Malgré mes quelques années j’ai des souvenir précis de ce Paris d’après-guerre qui allait disparaitre : les rues pavées résonnaient des sabots des chevaux des marchands d’eau, des carrioles de marchands qui proposaient à la criées des « peaux de lapins » et des établis roulants des artisans qui proposaient à la criée l’affutage des « couteaux et ciseaux ». Le soir, la famiille écoutait le millième épisode de « La famille Duraton » sorte de soap opéra à la française. Point de réfrigérateur, chaque jour j’acompagnais ma mêre pour les courses, il y avait un marchand de graines multicolores qui les présentait dans de grands sacs, à même le trottoir et que je m’amusait parfois à mélanger ! On achetait le beure à la motte avec un fil et deux poignées pour le couper, on mirait les oeufs avec une petite lumière pour vérifier qu’ils n’étaient pas fécondés …

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J’allais au lycée Buffon, non loin de là, qui à cette époque acceptait les petites classes. Dans cette période de Baby-boom, nous avons été jusqu’à 54 en classe ! A mon premier classement, j’étais 52ème : je rentrai tout fier à la maison, car c’était un gros chiffre !  Mes parents ne furent pas si enthousiastes. La méthode globale  était devenue la règle et si les progrès étaient rapides pour apprendre à lire, elle laissait des lacunes en orthographe que j’ai eu bien du mal à combler.

Mes parents venaient d’acheter une 4CV Renault avec laquelle nous allions passer nos dimanches à Vincennes et les grandes vacances à Meaulne où je découvrait la forêt et ses étangs, cherchait des champignons, allait pécher les grenouilles avec mon père ..

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L’entrée en 6ème se fit chez les maristes, au collège Albert de Main, du côté de Vincennes où mes parents venaient de déménager. Ayant grandi dans un milieu athée, ce fut pour moi la découverte de l’histoire sainte (2h par semaine pendant 5 ans !) et d’offices religieux à répétition. J’en ai gardé le souvenir d’un monde curieux de spiritualité, assez détaché des valeurs matérialistes que je connaissais et ou le respect et le dévouement était une valeur essentielle. 

Puis, l’usine d’hélicoptères se délocalisant à Marignane (bouches du Rhône), je terminais ma scolarité en Provence. Au début, l’accent et les expressions m’avaient étonnés, mais le charme du pays et la proximité de la mer m’ont vite fait oublier Paris.

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Durant cette période, j’ai pu profiter de plusieurs séjours en Angleterre et d’un en Espagne. J’en ai développé un intérêt croissant pour les langues et les voyages.

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A l’école, j’avais toujours préféré le « comment » au « pourquoi », je misais donc sur une carrière d’ingénieur, Malheureusement, mes notes de mathématiques en terminale n’ayant pas été brillantes, je du renoncer à une filière de grande école. Ce qui me fascinait par ailleurs était la biologie. Mon père m’incita alors fortement à m’inscrire en médecine : cela m’ouvrirait toutes les portes de la biologie après … Il me conduisit même chez un ami médecin, directeur du dispensaire de l’Aérospatiale, Celui-ci me demanda, tout de go, ce que je voulais faire en médecine. Comme je n’avais aucun point de référence, il m’expliqua qu’en médecine, si l’on voulait gagner de l’argent, il fallait choisir entre « Le fer, le feu ou le mystère« . Il m’expliqua que le fer représentait toutes les disciplines chirurgicales, le feu la radiologie et le laboratoire, enfin, le mystère, toutes les disciplines psy. La radiologie me parru alors la discipline technique la plus proche de ma curiosité biologique et plusieurs de mes choix d’externat en ont découlés. 

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Mes quatre premières années de faculté se sont passées à Marseille, ville bruyante et désordonnée. Après le CPEM (année probatoire, de chimie et biologie) on nous mettait tout de suite dans le bain : hôpital le matin, puis cours l’après-midi et enfin révisions le soir, dans notre chambre de la cité universitaire, si l’on ne voulait pas être débordé ! Je ne déplaçais en Solex, sorte de grand vélo noir pétaradant avec son petit moteur sur la roue avant et sa limitation à 30 km/h. Entre la cité et le restaurant universaire, j’emmagasinaient les méthodes et découvrait le monde de l’hôpital, organisation quasi militaire où l’étudiant est surtout une charge pour l’équipe soignante. 

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Mai 1968

C’était la fin de ma seconde année, sans doute la plus chargée en matières de nos études. Je dois avouer que commençant à fricoter sérieusement avec Michèle, une étudiante en mathématique que j’avais rencontré dans le petit bar en face de la fac, qui deviendra ma première épouse, j’avais peut-être été un peu moins sérieux que d’habitude ?

Le report des examens sous la pression des évènements fut pour moi un immense soulagement qui me permis de travailler correctement durant l’été et d’éviter un redoublement.

Michèle ayant réussit son concours de contrôleur des impôts, elle fut muté à Bordeaux. Nous nous sommes donc mariés et j’ai entrepris d’y terminer mes études. La faculté de Bordeaux était bien plus petite et l’ambiance « province » plus familiale.

un regard curieux sur le monde

La faculté

La médecine générale

A la découverte des patients et des maladies

Mes formations en « médecines douces »

Les secteurs 1,2,3 puis 4

Le CEIA et l’Amérique

Le conseil de l’ordre

Françoise et la psy

Un refuge en Suisse

La chute de l’occident

Médiocrité à tous les étages, incompétants et corrompus ?

La révolution numérique

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